Les changements au mode de vie

La première étape pour soulager les symptômes de l’endométriose est de maintenir un mode de vie sain. Les changements à vos habitudes d’activité physique et de relaxation de même que le maintien d’une alimentation équilibrée pour rester en santé pourraient vous aider à gérer les symptômes de l’endométriose.

En effet, vous pourriez déjà avoir remarqué que certains aliments accentuent vos symptômes; en retenant les aliments problématiques, vous pourrez plus facilement les éviter et ainsi potentiellement réduire les crises incapacitantes.

Bien des femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques se voient soulagées en pratiquant régulièrement de l’activité physique, comme le yoga, en adoptant des techniques de pleine conscience et en méditant. Ces techniques et les autres types de techniques de relaxation pourraient vous aider à gérer vos symptômes.

Assurez-vous de prendre suffisamment de liquides et de fibres afin de favoriser la régularité intestinale et éviter la constipation.

Les médicaments

Le traitement hormonal peut servir à soulager les symptômes liés à l’endométriose; ce genre de traitement peut comprendre un contraceptif hormonal combiné, des médicaments analogues à la progestérone ou des agonistes de la gonadolibérine (GnRH) avec une thérapie de compensation (de faibles doses d’œstrogène et de progestatif). On recommande généralement d’essayer ces médicaments pendant 2 à 3 mois pour voir s’ils soulagent les symptômes de douleur.

La réduction du taux d’œstrogènes peut aider à traiter la douleur due à l’endométriose. Les antagonistes (bloqueurs) des récepteurs de la gonadolibérine (GnRH) sont un nouveau type de médicament qui peut diminuer le taux d’œstrogènes légèrement, voire complètement, en fonction de la dose administrée. Il s’agit de médicaments dont l’effet est réversible, c’est-à-dire que le taux hormonal revient à la normale lorsque le médicament n’est plus présent dans le corps.

La contraception hormonale combinée

Les contraceptifs hormonaux combinés (comme la pilule, le timbre ou l’anneau) constituent un des traitements de l’endométriose les plus utilisés. Ces contraceptifs combinent l’œstrogène et la progestine. Ce traitement réduit les douleurs causées par l’endométriose.

La contraception hormonale combinée en continu

Votre fournisseur de soins de santé pourrait vous prescrire de prendre un contraceptif hormonal en continu, c’est-à-dire sans la pause de 7 jours prévue chaque mois. Ainsi, vous n’aurez pas vos règles; cette méthode peut être une solution utile pour les femmes chez qui les symptômes de l’endométriose sont à leur pire pendant les menstruations. Lorsque vous aurez pris un contraceptif hormonal combiné pendant au moins 3 mois, il serait avisé de faire un suivi auprès de votre fournisseur de soins de santé pour discuter de votre adaptation au traitement et de l’amélioration de vos symptômes.

Le traitement aux progestatifs

Ce traitement est constitué d’une classe de médicaments que l’on utilise à des fins contraceptives; ceux-ci ont également été étudiés en vue de soulager les douleurs dues à l’endométriose. Le traitement aux progestatifs peut être administré sous forme de pilule ou d’injection. Ce traitement aide également à diminuer les effets de l’œstrogène, hormone qui stimule le développement des tissus endométriaux dans le corps.

De plus, tous les traitements aux progestatifs peuvent être liés à des saignements intermenstruels. Ces saignements peuvent être abondants et se prolonger dans le cas d’injections progestatives et pourraient continuer à être problématiques jusqu’à ce que les effets de l’injection se dissipent.

Les principaux traitements aux progestatifs sont les suivants :

  • Diénogest (un traitement oral offert sur le marché canadien)
  • Acétate de noréthindrone (un traitement oral offert sur le marché canadien)
  • AMPR (acétate de médroxyprogestérone-retard, un médicament injectable offert sur le marché canadien)

Le diénogest est une classe de médicament couramment utilisée à des fins contraceptives; ce n’est que récemment que son efficacité avec peu d’effets secondaires indésirables a été découverte dans le traitement de l’endométriose. Votre médecin pourrait vous prescrire ce médicament à raison d’un comprimé oral par jour. Cette dose pourrait ne pas être efficace à des fins contraceptives; il est donc avisé de recourir à une méthode de contraception de type barrière. Les saignements intermenstruels sont un effet secondaire indésirable possible.

Le dispositif intra-utérin à libération de progestatif

Si la contraception hormonale combinée ou le traitement aux progestatifs n’arrivent pas à traiter efficacement vos symptômes, votre fournisseur de soins de santé pourrait vous recommander la pose d’un dispositif intra-utérin. Il s’agit d’une méthode contraceptive courante qui implique l’insertion dans l’utérus d’un dispositif en forme de T. Le dispositif libère du lévonorgestrel, un type de progestine qui neutralise les effets de l’œstrogène comme les autres traitements aux progestatifs. Le dispositif intra-utérin offre un effet thérapeutique pendant 5 ans ou jusqu’à ce qu’il soit retiré par un fournisseur de soins de santé. Ce moyen peut être efficace pour diminuer les douleurs dues à l’endométriose. Le dispositif intra-utérin constitue un traitement efficace, car il fait cesser les menstruations et donc freiner l’endométriose.

Les agonistes de la GnRH avec thérapie de compensation

Votre fournisseur de soins de santé pourrait vous recommander un agoniste de la GnRH (ou agoniste de la gonadolibérine). Cette hormone, administrée sous forme d’injection ou de vaporisateur nasal, fera cesser vos menstruations. Les effets secondaires indésirables de ce type de médicaments ont tendance à ressembler aux symptômes possibles de la ménopause : la perte de densité osseuse, les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, la sécheresse vaginale, la diminution du volume des seins et les maux de tête. Ces symptômes peuvent être soulagés à l’aide d’une thérapie de compensation, ce que l’on prescrit souvent lorsque l’on administre un agoniste de la GnRH.

La thérapie de compensation

Si vous prenez un agoniste de la GnRH, votre fournisseur de soins de santé pourrait également vous prescrire de l’œstrogène et de la progestine à faible dose ou un progestatif seul (comme la noréthindrone) (thérapie de compensation) pour aider à diminuer les symptômes semblables à ceux de la ménopause tout en soulageant la douleur. Cette thérapie viendra neutraliser les effets secondaires indésirables tels que les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et même la perte de densité osseuse lorsque les agonistes de la GnRH sont utilisés à long terme. L’idée fondamentale est d’utiliser le traitement hormonal substitutif à faible dose et, si la patiente a un utérus, d’utiliser un traitement combiné œstrogène-progestatif en continu. Chez les femmes qui ont subi une hystérectomie, l’œstrogène à faible dose peut être utilisé seul.

Les antagonistes de la GnRH

Il est possible que votre fournisseur de soins de santé vous prescrive un antagoniste des récepteurs de la gonadolibérine (GnRH) par voie orale (élagolix) pour traiter les symptômes douloureux que vous éprouvez peut-être en raison de l’endométriose. Ce médicament agit en réduisant le taux d’œstrogènes dans votre corps en partie ou presque totalement selon la dose prescrite. Le plan de traitement est adapté à chaque personne et à ses besoins et symptômes.

Les effets indésirables les plus fréquents pour ce genre de médicament sont les bouffées de chaleur, les maux de tête et la nausée. Ils peuvent aussi provoquer une perte de densité minérale osseuse (lorsqu’administré à fortes doses) et des sautes d’humeur. Les effets, indésirables ou non, dépendent de la dose administrée (une ou deux fois par jour).

Le danazol

Par le passé, le danazol était une des options les plus utilisées dans le traitement médical de l’endométriose. Il s’agit d’une hormone administrée par voie orale qui fait cesser les menstruations. Bien qu’il soit souvent efficace pour soulager la douleur causée par l’endométriose, le danazol serait associé à de nombreux effets secondaires indésirables, dont le gain de poids, l’acné, la pousse excessive de poils, l’élévation des taux de cholestérol, l’atrophie des seins et (rarement) la masculinisation. Pour ces raisons, le danazol est rarement utilisé comme traitement à long terme de l’endométriose.

Le soulagement de la douleur

Les traitements utilisés contre l’endométriose peuvent prendre au moins un cycle menstruel avant d’être efficaces. Pour cette raison, votre fournisseur de soins de santé pourrait vous recommander des antidouleurs à utiliser jusqu’à ce que les effets du traitement à long terme commencent à se faire sentir. Les anti-inflammatoires en vente libre (AINS) sont souvent efficaces pour soulager la douleur engendrée par l’endométriose. Ces médicaments sont peu coûteux et ne créent pas de dépendance.

Si vous prenez un AINS, comme l’ibuprofène ou le naproxène sodique, et que vous n’éprouvez que peu de soulagement, vous pouvez en prendre d’autres un peu plus tard. Ce qui est important de ne pas oublier est que contrairement aux autres antidouleurs, les AINS ne bloquent pas la douleur existante. Ils bloquent plutôt la production de prostaglandines, de laquelle est issue la douleur. Vous devez prendre le médicament avant que les prostaglandines ne soient sécrétées (commencez à en prendre avant le moment attendu du début des douleurs) et vous devez continuer à en prendre toutes les 6 heures toute la journée pour vous assurer qu’il fonctionne efficacement.

Par contre, pour certaines patientes, la prise d’AINS à long terme peut engendrer des effets secondaires indésirables comme les ulcères d’estomac et des saignements. Informez votre médecin des médicaments en vente libre que vous prenez.

Les options chirurgicales

L’intervention chirurgicale peut être recommandée dans les cas suivants :

  • Si vous éprouvez des douleurs pelviennes qui ne sont pas soulagées par la prise de médicaments généralement utilisés pour traiter l’endométriose ou si vous ne pouvez pas prendre ces médicaments.
  • Si votre endométriose est très étendue et qu’elle atteint les intestins, la vessie, les uretères ou les nerfs pelviens.
  • Si vous avez, ou que l’on croit que vous avez, un endométriome ovarien.
  • Si votre diagnostic d’endométriose est trop incertain pour entamer un traitement.
  • Si vous éprouvez des problèmes de fertilité.

Comment retire-t-on l’endométriose?

Plusieurs techniques peuvent être utilisées lors d’une intervention chirurgicale pour retirer les excroissances de tissu endométrial et les tissus cicatriciels. La méthode choisie par votre fournisseur de soins de santé dépendra de l’étendue de l’endométriose et de son emplacement. L’ablation est le retrait de tissus au moyen d’un processus d’érosion, tel que le grattage ou la brûlure. L’excision est le retrait de tissus au moyen d’instruments tranchants. Les deux méthodes peuvent s’avérer efficaces dans le traitement de l’endométriose, quoique l’excision soit la méthode de choix pour une maladie très invasive ou une endométriose touchant d’autres organes.

Il est important de savoir que ce ne sont pas toutes les femmes qui ressentent une amélioration après l’intervention chirurgicale. De plus chez certaines femmes l’endométriose finit par revenir.

Deux types d’intervention chirurgicale peuvent être efficaces dans le traitement de l’endométriose : les interventions chirurgicales conservatrices et les interventions chirurgicales définitives (généralement l’ablation des ovaires).

Les interventions chirurgicales conservatrices

La laparoscopie est une intervention chirurgicale qui permet au chirurgien de voir à l’intérieur de la cavité abdominale au moyen d’un petit tube illuminé qu’il insère dans l’abdomen par une ou plusieurs incisions. Il s’agit du type d’intervention chirurgicale la plus commune pour traiter l’endométriose. Le but de la laparoscopie est de rétablir une anatomie normale et de soulager la douleur. Il s’agit souvent d’une bonne option pour les femmes en âge de procréer qui souhaitent concevoir ou qui ne veulent pas se soumettre à une intervention chirurgicale définitive. La laparoscopie peut être utilisée pour retirer des tissus endométriaux ou cicatriciels et interrompre les voies nerveuses qui transmettent la douleur. Si vous avez de la difficulté à tomber enceinte, l’ablation de tissus endométriaux ou cicatriciels pourrait vous aider à concevoir.

Après l’intervention, votre fournisseur de soins de santé pourrait vous recommander de prendre des médicaments afin de diminuer le risque de réapparition de l’endométriose et mieux en gérer les symptômes.

Les interventions chirurgicales définitives

L’intervention chirurgicale définitive implique l’ablation des ovaires (ce qui cause la ménopause) et peut aussi impliquer l’ablation de l’utérus et des trompes de Fallope. De plus, on retire généralement tous les tissus endométriaux lors de ce type d’intervention. Si vous éprouvez des douleurs et des symptômes importants même après avoir essayé d’autres types de traitements et que vous ne souhaitez pas devenir enceinte à l’avenir, l’intervention chirurgicale définitive pourrait être un traitement efficace pour vous.

Ce type d’intervention chirurgicale soulage les douleurs associées à l’endométriose chez près de 90 % des femmes qui le subissent. Ce type d’intervention est recommandé aux femmes en guise de traitement définitif de leurs symptômes; on recommande généralement que les deux ovaires et tous les tissus endométriaux visibles soient retirés. Si l’on préserve un ovaire ou les deux, les symptômes risquent de revenir, ce qui nécessiterait d’autres interventions chirurgicales.

Bien des cas d’intervention chirurgicale définitive peuvent s’effectuer par voie laparoscopique, ce qui raccourcit le temps de rétablissement et cause moins de douleur que la laparotomie.

Les traitements parallèles

Bien des femmes atteintes d’endométriose indiquent que des traitements alimentaires et complémentaires, comme l’acupuncture, la médecine traditionnelle chinoise, un régime macrobiotique, des produits de santé naturelle et l’homéopathie, ont amélioré leurs symptômes de douleur. Aucune donnée scientifique tirée d’essais cliniques ne soutient ces traitements, mais vous ne devriez pas nécessairement les écarter si vous croyez qu’ils contribuent de façon positive à la gestion de votre douleur et à votre qualité de vie en général. Ces genres de traitements peuvent vous être utiles en complément à d’autres traitements. Parlez à votre fournisseur de soins de santé si vous envisagez d’inclure des traitements parallèles dans votre mode de vie.